J'veux du soleil

Je suis malade.
C’est à cause de ma consophobie saisonnière.
Comme tous les ans, à la même époque, mon allergie à la sur-consommation est venue gâcher comme il le faut, les festivités de Noël.
Les supermarchés me donnent des boutons, les grandes surfaces, des sueurs froides. Les magasins me filent la nausée et les sapins, les boules. Je fuis les ZAC et les centres commerciaux, sous peine de grave dommage à ma santé mentale.
J’aurais bien hiberner jusqu’en janvier si nous n'avions pas été une quinzaine à la maison, cette année, pour faire honneur à un repas de Noël.
Je me suis donc fait violence, au risque d’y laisser des plumes (malgré le froid de canard).
Mais j'ai fait ça à ma façon, en posant sur la table plus d’amour que de foie gras, plus d’attention que de cadeaux.
Je ne prendrai pas le risque de finir bouffée par la bouffe, consumée par les consos, achevée par les achats.
On ne m'a donc pas vue errer, carte bleue en bandoulière, parmi les clients au moral en berne, aux cernes prononcés.
Parmi des humains que je ne reconnais plus.
