Brigitte Boutique

Vendredi 16 octobre 2009
- Par dilett@nte
Nosfell. Le Poste à Galène. Marseille. 9 Octobre 2009.

Vendredi dernier, j'ai enfin pu assister à un concert de Nosfell. Je l'ai raté il y a 2 ans et je guettais son retour à Marseille.
Nosfell ne plaît pas à tout le monde, et, pour moi, c'est bon signe.
Pieds et tête nus, il serpente parmi ses sampleurs et ses instruments. Silhouette iggypopienne (mot à inventer n°253) lorsqu'il esquisse un pas de danse, il se transforme en griot pour nous conter quelques histoires de son monde fabuleux.
Mais il est, avant tout, un musicien doué et un trapéziste vocal (mot à inventer n°254), souple, léger et puissant.
Nosfell, l'audacieux rêveur,  ne peut laisser indifférent.



Quelques liens pour (re)découvrir Nosfell:

Le site officiel de Nosfell
Labyala Nosfell
Nosfell sur Myspace
Metalorgie

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Dimanche 23 novembre 2008
- Par dilett@nte

Toutes les images sont des mensonges, l'absence d'image est aussi mensonge. (Bouddha)



L'imaginaire et le réel sont deux lieux de la vie. (J. Lacan)



Nous pouvons améliorer les images du monde et, comme ça, nous pouvons améliorer le monde. (W. Wenders)



La fonction de l'artiste consiste, autre qu'à créer des images, à les nommer. (J. Dubuffet)



La vérité est dans l'imaginaire. (E. Ionesco)



L'imaginaire met des robes longues à nos idées courtes. (Sim)

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Mardi 30 septembre 2008
- Par dilett@nte



Franz Kafka


Selon Kafka, "un livre doit être la hâche qui fend la mer gelée en nous". Ses livres sont bien des objets tranchants, mais à l'aspect si lisse, si propre qu'ils ont l'air innofensif. Parce que Kafka écrit avec discipline, voire austérité. Et cette écriture "pure", froide, contraste merveilleusement avec l'absurde ou l'hyperréalisme des situations décrites. Comme si un artiste, en plein délire hallucinatoire, peignait ce qu'il voit avec précision et rigueur, afin de rendre le tableau tout à fait réaliste.
"Lorsque Grégor Samsa s'éveilla un matin, au sortir de rêves agités, il se trouva dans son lit métamorphosé en un monstrueux insecte. Il reposait sur son dos qui était dur comme une cuirasse, et, en soulevant un peu la tête, il apercevait son ventre bombé, brun, divisé par des arceaux rigides, au sommet duquel la couverture du lit, sur le point de dégringoler tout à fait, ne se maintenait que d'extrême justess
e. D'impuissance, ses nombreuses pattes, d'une
minceur pitoyable par rapport au volume du reste, papillonnèrent devant ses yeux."

(La Métamorphose. 1915)






Frida Khalo


La belle Frida aux sourcils en hirondelles, boîteuse, tourmentée, amoureuse passionnée, et solitaire, était une artiste rebelle et tellement moderne.

Influencée par l'art pré-colombien (elle est née au mexique) et par les peintres communistes de l'époque (elle a vécu la révolution des zapatistes), ses tableaux les plus connus restent ses autoportraits. On comprend pourquoi au premier coup d'oeil.
Le regard est direct, le dessin cru, les couleurs exotiques, et il s'en dégage tant de sentiments, de personnalité!

Pour moi, Frida Khalo est une peintre unique, capable de dissimuler de violentes émotions dans une peinture qu'on pourrait qualifier de naïve.
Un volcan aux pentes fertiles.







B-M Koltès

J'adore lire Koltès, à défaut de voir jouer ses pièces.
Rien à voir avec le théâtre de l'absurde. Au contraire, Bernard-marie Koltès traîtait des situations bien réelles. Son répertoire est une analyse éthologique des rapports humains. Les hommes sont, pour lui, des animaux étranges, tragiques, séducteurs, intimidants ou agressifs.
"Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu'il y ait encore de la place pour la raison."
(B-M Koltès. Prologue)
Je suis restée scotchée la première fois que j'ai vu "Dans la solitude des champs de coton" mise en scène par Patrice Chéreau, et jouée par celui-ci et Pascal Grégory (un comédien que j'apprécie beaucoup).
Les dialogues ciselés, sans hypocrisie, l'interaction des deux personnages, j'ai trouvé ça génial. Je la relis souvent.
"...C'est pourquoi je m'approche de vous, malgré l'heure qui est celle où d'ordinaire l'homme et l'animal se jettent sauvagement l'un sur l'autre, je m'approche, moi, de vous, les mains ouvertes et les paumes tournées vers vous, avec l'humilité de celui qui propose face à celui qui achète, avec l'humilité de celui qui possède face à celui qui désire..."
(B-M Koltès. Dans la solitude des champs de coton)






Gustav Klimt

Un dessin académique parfait, des formes érotiques, des teintes douces, des damiers ou des motifs floraux, de l'or, de la lumière: c'est ça un Klimt.
Je suis autant fascinée par la précision architecturale de certaines de ses "commandes", ses portraits classiques, que par l'effet impressionniste si réussi de ses petits tableaux de paysages.





 
Mais c'est bien son oeuvre plus personnelle qui me fascine. J'aimerais avoir peint "Le Baiser", "Les Poissons d'Argent" ou "La Vierge".







Akira Kurosawa

Avec lui, j'ai appris à connaître le japon féodal (Ran) ,
celui de l'époque de Heian (Rashomon), les samouraïs (Kagemusha) , les arts martiaux (la légende du grand judo) , ou les bas-fonds de Tokyo(Chien enragé) . J'ai aimé ses adaptations de Shakespeare (Le château de l'araignée), et Dostoïevski (L'idiot).

KUROSAWA AKIRA - 6 films

Et puis on peut dire que j'ai été envoutée par ses "Rêves".










Buster Keaton
Un de mes pince-sans-rire préféré. Bon, c'est sûr, ça commence à dater et je crois qu'il était déjà mort lorsque je suis née. Mais le talent  est
heureusement éternel.




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Dimanche 14 septembre 2008
- Par dilett@nte
"...Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent..."
Victor Hugo. Le Crapaud.
(link)




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Vendredi 12 septembre 2008
- Par dilett@nte
Depuis 2 jours, les chercheurs et chercheuses du CERN doivent se dire qu'enfin, ils vont peut-être pouvoir peut-être prendre des vacances avec leurs gosses et claquer le bec à leurs belle-mère qui pense que la recherche c'est un boulot de fainéant.
Parce que c'est parti! Le LHC est lancé.
C'est pas un scoop, d'accord, mais comme je n'ai pas tout bien compris, j'ai fait une petite enquête perso pour mieux cerner le processus.
Et, petits veinards, vous allez en profiter.

Le LHC, pour les anglophones c'est le Large Hadron Collider, qu'on traduit en français par grand collisionneur de hadrons. Joli, non?
Mais c'est quoi ce bins?
Ben c'est le plus grand accélérateur de particules au monde, et il va servir officiellement à mettre en évidence le boson de Higgs, cette particule élémentaire dont on suppose l'existence.

Va t-il finir par sortir de l'ombre?
Mais, d'après ce que j'ai lu, les scientifiques espèrent mettre en évidence d'autres choses, par la même occasion.
Notamment la supersymétrie qui existerait entre les fermions (leptons et quarks qui, vous le savez, constituent la matière) et les bosons (q
ui serviraient à véhiculer les interactions agissant sur les quarks).
Ou bien, tomberont-ils sur de la matière noire (dark matter). C'est pas de la crasse, c'est simplement une matière indétectable faite de particules inconnues, mais qu'on soupçonne d'exister en douce.
Ou alors, ils vont entériner la fameuse théorie des cordes (les particules seraient en fait des cordelettes tendues et vibrant comme des élastiques), réconciliant la théorie de la relativité générale et celle de la mécanique quantique.
Ils peuvent aussi découvrir pourquoi ,dans certaines conditions, il existe une asymétrie entre la matière et l'antimatière (même si ça ne paraît pas intéressant aux novices incultes que nous sommes).
Ils sont susceptibles également (pas trop quand même) d'isoler des quarks et, du coup, découvrir un nouvel état de matière, comme le plasma quark-gluon (une sorte de soupe de quarks très chaude).
Cependant, ils peuvent tout aussi bien ne rien trouver du tout. Et là, ce serait reparti pour un tour (belle-mère comprise).
Et puis, on parle de risques.
Celui de créer des mini trous noirs, avec des conséquences inconnues, puisque c'est nouveau. Mais aussi (là j'interprète largement) l'émergence de quarks difformes, d'aimants à un seul pôle, des poches de vide,
de monstres quoi.
Le problème qui reste à résoudre, dans tous les cas, c'est de savoir si c'est indispensable pour sauver la planète.
Bon, allez, pour tous ceux qui n'ont pas tout compris, voici le LHC expliqué en rap par les physiciens eux-mêmes. Bon, c'est en anglais, mais de toute façon, c'est du chinois pour la plupart d'entre nous...





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Lundi 1 septembre 2008
- Par dilett@nte
Avec un peu de retard, je fais ma rentrée pour la communauté des "photographes du dimanche".
Une rentrée sous le signe des fruits de l'automne, des odeurs de la terre humide, des craquements de feuilles sous les pas, de la nostalgie des cartables, du cuir parfumé, de l'ardoise neuve...et des grains de raisin.









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Dimanche 24 août 2008
- Par dilett@nte



Encore quelques photos signées Jules B.



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Vendredi 22 août 2008
- Par dilett@nte
M on grand-père Jules, patient et très minutieux, fabriquait des horloges magnifiques, des meubles solides et des inventions pratiques. Il avait même créé sa propre voiture, propre n'étant pas le terme le mieux choisi puisque la dite-voiture, qu'il avait baptisée "Farfalette", fumait et crachotait sur tous les sentiers où elle réussissait à accéder.
A la retraite, ses loisirs se concentrèrent essentiellement sur les films et les dessins animés qu'il élaborait pendant de longues journées.
Mais ce qui le passionnait le plus, c'était la photo. Son Agfa devint un membre de la famille bien avant moi. Il était son compagnon, son jumeau inséparable.
Jules est mort l'année dernière. Il a laissé pour moi une douzaine d'albums, ceux que nous feuilletions ensemble, le seul héritage matériel que je lui avais demandé.
Les clichés sont petits et sombres, mais mon scanner met à jour des petits trésors.
Un (tout) petit aperçu de ces photos de famille, des années 30 à 60:

























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Dimanche 3 août 2008
- Par dilett@nte
C'est dimanche.
Fermons la fenêtre et laissons les volets clos...

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Vendredi 11 juillet 2008
- Par dilett@nte

Jim Jarmush

En 1980, il a commencé avec Permanent Vacation, un simple film de fin d’études, la vie quotidienne et décalée d’un anti-héros. Un film qui augurait déjà un style, celui de Jarmush, esthétique dans sa simplicité, élégant dans son dépouillement. Le tout arrosé de poésie, d’absurde, d’onirisme et d’humour.

Il suffit de voir Dawn by law, ou Night on Earth, ou encore Dead Man, ou Mystery Train, pour avoir envie de connaître Jarmush.

Je me suis délectée des 2 Coffee and Cigarettes, des dialogues, mais aussi de la qualité photographique du noir et blanc, simple et direct.

Mais j’apprécie aussi quand il produit du « vrai » cinéma, comme Ghost Dog, la voie du samouraï, ou Broken Flowers.

La musique est toujours choisie avec tellement de soin que c’est souvent elle la vedette. Au même titre que la littérature et la poésie, la musique fait partie intégrante du monde de Jim, un monde familier mais insolite.

Et puis, il y a les acteurs: John Lurie, Iggy Pop, Tom Waits, Bill Murray, Roberto Benigni, Forest Whitacker, Johnny Deep…une brochette de choix.

J’envie ceux qui ne connaissent pas encore les films de Jarmush.

A savourer comme des bons bouquins.

Et attendre les suivants…

 

 

Janis Joplin

Ma blouzeuse préférée, c’est assurément elle, la fleur rebelle, la Joplin.

Agressive, accro aux speeds, alcoolique, insortable, libérée sexuellement, loin des canons de la Société, anar, flambeuse, tout ce que j‘aime quoi. Mais elle était aussi une chanteuse hors des modes sexistes de l’époque, dotée d’une voix à vous arracher les larmes, une cascade sur de la rocaille, puissante et nuancée.

Intelligente, affranchie, talentueuse…Dommage qu’elle soit morte à 27 ans! Que les artistes sont égoïstes!

 

 

Alejandro Jodorowsky

« Jodo« est un drôle de bonhomme, pas très clair pour les autres, peut-être trop intelligent. Il est avant tout, pour moi, un provocateur. Et ce n‘est pas péjoratif, au contraire. Le surréalisme de ses films (mais aussi de ses BD) est surprenant et magnifique. Jodorowsky aime les symboles occultes et tout ce qui touche au mystique. Ces personnages sont toujours en quête, à la recherche d’eux-mêmes.

Il faut voir El Topo et La Montagne Sacrée, pour ressentir la dimension ésotérique de Jodorowsky. Et il faut les revoir, pour « lire entre les lignes ».

 

Jean-Pierre Jeunet

Jeunet (et Caro, souvent) raconte des histoires et les illustre comme des BD. Il pioche ses ingrédients dans une palette colorée et diverse: l’enfance, les cauchemars, le burlesque, la poésie, le cirque, les contes. J’aime beaucoup ses ambiances musicales et son traitement artistiques des couleurs et de la lumière.


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Mercredi 18 juin 2008
- Par dilett@nte

 

Iggy Pop

Iggy est un vieux pote, un de ceux qu’on a connu à l’âge où tout ce qui a plus de 15 ans est foutu, où l’avenir tient dans une poignée d’heures, anéanti par le moment présent, intense et insolent. Il garde le souvenir des révoltes adolescentes, de l’effronterie punk face à l’hypocrisie et la lâcheté des adultes. J’aime cet iguane échevelé, torse nu et balafré. Je décèle en cet energumène beaucoup plus de douceur et de sensibilité que ses jeux de scène ne laisse paraître.

J'apprécie la brutalité stoogienne de I wanna be your dog et la suavité bowienne de Lust for life. Je l’aime aussi devant les caméras de Jarmush, révélant une auto-dérision touchante.


Eugène Ionesco

Je crois me souvenir que c’est lui qui m’a fait découvrir la pataphysique et le théâtre de l’absurde. Il est étonnant de voir avec quelle adresse Ionesco nous livre son humour froid et critique: des personnages banals, des anti-héros par excellence, qui déjantent calmement à travers des dialogues déroutants.

J’ai lu Rhinocéros vers l’âge de 10 ans. C’était l’été. Ma tante m’obligeait à lire sur la plage (au fait, merci tata!). J’avais donc fait semblant de le lire jusqu’au bout, me contentant en fait du premier acte. Pendant quelques jours, j’ai fait des rêves assez effrayants de rues hantées par des  monstres unicornes.


http://www.ratsdebiblio.net/ionescoeugeneleschaises.html
Lorsque j’ai « relu » la pièce, plus tard, j’ai pu enfin en saisir le second degré et apprécier l’auteur, à travers La Cantatrice Chauve, et ses phrases inspirées directement de la méthode Assimil, ou Le Roi se meurt, véritable analyse des sentiments liés à sa propre mort, ou bien Les Chaises, pièce oppressante et absurde, kafkaïenne, comme certains moments de la vie.

 

John Irving

C’est un peu mon chouchou, même si quelquefois il ne le mérite pas. Ca ne s’explique pas, c’est simplement une sorte d’alchimie auteur-lecteur, qui tient plus de l’émotionnel que de la raison ou de la culture.

Il est pourtant souvent chiant avec ses histoires de lutteurs, ou ces types toujours trop mous et égoïstes qui s’auto-détruisent à petit feu.

Mais il est si touchant lorsqu’il parle d’amour filial, ou d’enfance en souffrance. Et puis, il est optimiste, au fond. Ses personnages « rebondissent » souvent, après des épreuves assez traumatisantes.



J’ai adoré Le Monde selon Garp et L’Œuvre de Dieu, la Part du Diable, et beaucoup aimé L’Hôtel New Hampshire ou La Quatrième Main.

 

Jean Auguste Dominique Ingres

En regardant La Grande Baigneuse, La Grande Odalisque ou Le Bain Turc, avec ces femmes dénudées et pudiques, à la peau lumineuse, au dos satiné, aux chairs généreuses, on s’aperçoit que, comme pour la plupart des peintres, le corps de la femme est un paysage où le regard se promène et s’attarde.

Ingres attachait beaucoup d’ importance au dessin, peignait avec le plus de réalisme possible. Il aimait particulièrement les étoffes, qu’il sublimait de son pinceau, donnant aux drapés et aux plis, une lumière particulière. Mais il aimait surtout la douceur des courbes. Il à même rajouté quelques vertèbres à sa Grande Odalisque.

 http://mini-site.louvre.fr/ingres/flash_fr.html

 

 

 

 

 


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Dimanche 8 juin 2008
- Par dilett@nte

Petits cadeaux reçus la semaine dernière.
Le premier est un mur madrilène, ramené par ma fille de son week-end espagnol:



Le second est un clip conseillé par mon fils, qui est chargé de la mise à jour de mon éducation musicale:


ARTHUR H Dancing With Madonna
envoyé par ArthurH


Et puis, très en retard, une vidéo du grand freeze marseillais,  que nous avons raté:


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Jeudi 1 mai 2008
- Par dilett@nte
Albert Hofmann est docteur en chimie, passionné aussi de biologie et zoologie. Alors qu’il cherche un stimulant circulatoire, à base d’ergot de seigle, il découvre, parmi les amides, un alcaloïde qui deviendra le diéthylamide LSD-25.



En le testant sur des animaux, il observe une certaine agitation chez ceux-ci, sans plus.
Mais cinq ans plus tard, en absorbant par accident (il suppose qu’il s’est frotté les yeux) une infime dose de produit, il connaît son premier mini « voyage » avec malaise, agitation, puis visions kaléidoscopiques.

Sa curiosité piquée, il tente l’experience, volontairement cette fois. Il absorbe la dose qu’il pense la plus petite pour obtenir des effets et note tout ce qui se passe:

…Je ne pouvais plus parler de manière intelligible qu'au prix d'efforts extrêmes, et demandai à ma laborantine, que j'avais mis au courant de l'expérience, de m'accompagner jusque chez moi. Rien que lors du trajet en vélo [...] mon état prit des proportions inquiétantes. Tout ce qui entrait dans mon champ de vision oscillait et était déformé comme dans un miroir tordu. J'avais également le sentiment de ne pas avancer avec le vélo, alors que mon assistante me raconta plus tard que nous roulions en fait très vite.

…Mon environnement se transforma alors de manière angoissante. [...] les objets familiers prirent des formes grotesques et le plus souvent menaçantes. Ils étaient empreints d'un mouvement constant, animés, comme mus par une agitation intérieure. La voisine [...] n'était plus Madame R. mais une sorcière maléfique et sournoise au visage coloré, etc, etc.

…Des formes fantasmagoriques et bariolées déferlaient sur moi en se transformant à la manière d'un kaléidoscope, s'ouvrant et se refermant en cercles et en spirales, jaillissant en fontaines de couleur, se réorganisant et se croisant, le tout en un flot constant. Je remarquai notamment la façon dont toutes les perceptions acoustiques, telles que le bruit d'une poignée de porte ou celui d'une voiture passant devant la maison, se transformaient en sensations optiques. Chaque son produisait une image animée de forme et de couleur correspondante.

On s’est aperçus plus tard qu’il avait pris une dose au moins 4 fois plus importante qu’une dose considérée « normale » aujourd’hui.

 

Malgré ses séances sous psychotropes, il a continué ses recherches, notamment sur les champignons hallucinogènes. Il estimait que, dans un but thérapeutique, ces substances étaient vouées au succès.

Je ne sais pas s’il se doutait qu’elles seraient plutôt utilisées comme des drogues et interdites dès la fin des années 60.

Il meurt à 102 ans, en pleine forme. Il y a de quoi se poser des questions!


ENTRACTE

Lorsque j’étais plus jeune, avec P, mon meilleur ami, nous faisions des quiches que nous allions vendre aux sorties de concerts. Nous avions un panneau avec notre « marque de fabrique ». Il y était écrit: Les quiches à Lucie, et dessous: Lucie qui? Lucie Nogène!

Nous vendions donc des quiches à Lucie Nogène. Certains ont en ressenti les effets toute la nuit.




Peut-on parler de Hofmann sans évoquer Timothy Leary? Lui, grand consommateur de LSD, qui prôna toute sa vie l’usage des drogues.

Bien sûr, la démarche de Leary est bien plus « ludique », mais aussi plus mystique.

Tout a commencé au Mexique, alors qu’il était étudiant. Il découvre les effets de la psilocybe et décide de consacrer ses recherches sur certains psychotropes, dont le LSD.

Il observe alors, outre les bienfaits sur l’alcoolisme, la criminalité ou la psychiatrie, une série d’expériences mystiques ou spirituelles qui vont l’inciter à étudier ce qu’il appelle l’expansion de conscience.

Il fera de sa vie un grand « laboratoire  », vivant à l’écart dans un grand manoir avec ses amis et sa famille et aura de sérieux ennuis avec la justice. Il sera considéré pendant un temps l’homme le plus dangereux des Etats-Unis et fera plusieurs années de prison, avant de s’évader. Réfugié en Algérie avec sa femme, puis en Suisse, il voyage tout de même et se fait arrêter en Afghanistan. 
Timothy est dans les chansons, il devient une star, une référence pour le mouvement hippy. Une sacrée époque, quand même!
Rentré aux USA, il écrit plusieurs ouvrages, assez occultes, ayant trait à cette fameuse ouverture de conscience. Il la retrouvera aussi dans le Livre des Morts Tibétain, et s’en inspirera pour écrire A psychedelic Manual.

Ce livre est d’ailleurs en cours de traduction par mon ami C.M. Je pense qu’il sera bientôt disponible, donc, en français.




Il est mort en faisant filmer son agonie, en répétant « Why not? »

 Pourquoi pas?


NOTE IMPORTANTE

Loin de moi l’idée, à travers ce post, de prôner l’usage des drogues, quelles qu’elles soient.

Cependant, je ne suis pas pour les interdictions de ce genre. Surtout quand on voit les méfaits de certains produits tout à fait licites: alcool, tabac, pétrole, centrales nucléaires, hypermarchés, OGM, portables…

Allez, bonne soirée quand même!

Quelques liens:
http://www.syti.net/LearyEvolution.html
http://www.agora-international.com/cgi-bin/
http://www.fluctuat.net/blog/4707-Troupes-britanniques-sous-LSDrittaniques sous lsd

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Lundi 28 avril 2008
- Par dilett@nte
 

Ben harper.......

Ben est avant tout, pour moi, un très bon guitariste, avec un jeu subtil, un peu blues, un peu rock. Mais il a, de plus, un timbre de voix magnifique.

Sa musique me fait souvent penser à Hendrix, mais aussi à Marley, pimentée de funk, de soul ou de gospell. Enfin, un registre relativement assez varié et coloré pour plaire à beaucoup.

 



Jacqueline Harpman.......

 

 

 

 

Les romans d’Harpman sont un mélange réussi d’imagination débridée et de réflexion sur la réalité. Le destin en est souvent le personnage principal et les situations angoissantes qu’elle nous fait vivre sont compensées par des bonheurs simples, des sensations instinctives.

 

Mon premier Harpman, je l’ai acheté à cause de son titre (racoleur?) :« Moi qui n’ai pas connu les hommes ». C est une fiction, mais on peut se demander si ce n’est pas une œuvre d’anticipation. Je ne le souhaite pas.

J’ai adoré partager les interrogations de cette jeune fille enfermée avec ses congénères, quelque part sur une Terre dévastée, par on ne sait quelle catastrophe. J’ai été fascinée, comme elle, par sa découverte du monde et sa « cavale ».

Les romans suivants sont plus ou moins de la même veine, légèrement dérangeants, révélant une fine analyste de l’humanité.

 

http://www.seniorplanet.fr/mag/jacqueline-harpman-ou-la-double-passion.8768.html

 

 

 

 

 

Nancy Huston.......

Plus sombre mais aussi plus fantasque que Harpman, Huston alimente ses romans de la philosophie dont elle s’est apparemment nourrie. Elle écrit en anglais et traduit elle-même ses œuvres. C’est peut-être ce qui explique cette mélodie de la langue, une sorte d’écriture avec un accent séduisant. C’est donc avec charme et délicatesse qu’elle nous entraîne dans la ronde triste et complexe de ses pensées.

 Lire Huston c’est accepter une certaine opacité, une brume ambiante, une présence sereine mais pesante. On ressort de là comme après une convalescence dans les ténèbres.

 






Jim Harrison.......

Un faciès à la Bukowski, un œil de verre, l’autre ironique, une chemise à carreaux, il aurait pu faire du cinéma. Mais c’est un poète dans un corps d’ours des montagnes. Heureusement, il est devenu écrivain. Et quel écrivain!



Tous ses bouquins m’ont plu. L’Amérique profonde, les traditions et la culture indiennes, les années 60, des personnages attachants, de l’amour avec un grand A et des paysages à couper le souffle. Des thèmes déjà intéressants, certes, mais cela n’aurait pas suffi à me passionner à ce point, sans le talent de Jim Harrison pour tenir en haleine ou émouvoir.
Le tout est arrosé d’une bonne dose d’érudition et surtout de non-conformisme. A lire absolument. C’est du garantie à vie.


 

Edward Hopper.......

Il est un véritable chroniqueur des mœurs et des changements sociaux aux Etats-Unis au début du XXème siècle.






Ses huiles sur toile, empreintes d’une certaine mélancolie, sont des instantanés de vie où les personnages sont pris en flagrant délit de lassitude ou de tristesse. 







J’admire son coup de pinceau d'une grande douceur et la qualité
« photographique » de ses œuvres.

 

 

 

 

 

 

 


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Jeudi 24 avril 2008
- Par dilett@nte

Pour la douceur de ce soir d'avril, je m'octroie une petite vidéo tendre.



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